Dimanche 27 septembre 2026 à 17h00, Chartres, Collégiale Saint-André
Le Délire des lyres
Ensemble Faenza

Un quatuor à deux…
Deux chanteurs – un ténor et un baryton – s’accompagnent eux-mêmes d’instruments à cordes frottées et pincées typiques de l’époque baroque et nous proposent des musiques du 17e siècle à travers l’Europe, en France, Italie, Angleterre…
Avec
Marco Horvat : chant, théorbe, lirone, guitare baroque
Francisco Mañalich : chant, basse de viole, guitare baroque
« Chanter sans être contraint de s’accommoder à d’autres qu’à soi-même – comme l’écrit Giulio Caccini – est une discipline qui ouvre à l’interprète et à ses auditeurs de vastes horizons. Elle permet de disposer d’un degré de liberté que n’offre que trop rarement la complicité entre un chanteur et son accompagnateur, fût-elle profonde et doublée d’un travail rigoureux.
Mêler le son des cordes pincées ou frottées aux inflexions de la voix, soutenir délicatement celle-ci d’un accord, d’une note ou, au contraire, lui insuffler une énergie rythmique qu’elle ne trouverait pas seule, cela s’est fait depuis la nuit des temps. Qu’il s’agisse de la lyre des anciens, de la harpe des trouvères et des troubadours, du luth des contemporains de Ronsard, de la viole de Hume, du chitarrone de Caccini ou du théorbe de Lambert, le principe est le même : créer un espace sonore où « la voix est libre », où les mots peuvent être clairement proférés et entendus, afin que la poésie parvienne à toucher, car tel est bien le maître mot.
Marco Horvat et Francisco Mañalich font partie des très rares interprètes contemporains capables de redonner vie à cette pratique essentielle pour comprendre la monodie baroque. Ils se devaient donc de monter ensemble un programme à leur mesure, où les nombreuses combinaisons de voix et d’instruments qu’ils sont susceptibles de créer trouveraient un répertoire à servir de : Gabriel Bataille, François Campion, Thomas Campion, André Campra, Bellerofonte Castaldi, Dubuisson, Charles Dufaut, Charles Hurel, Tobias Hume, Sébastien Le Camus, Carlo Milanuzzi, Henry Purcell, Giulio San Pietro de’ Negri »
Faenza explore les musiques de l’Ancien Régime en s’attachant à en retrouver l’esprit plus que la lettre : réinventer plutôt que reconstituer. L’ensemble interroge le rapport entre textes parlés et chantés, mais surtout celui qui est susceptible de se nouer entre public et interprètes. De toute évidence, le formalisme du concert traditionnel, hérité du XIXe siècle, ne convient pas à des répertoires conçus pour des cercles de convivialité dont nous avons perdu la trace et la pratique. Il s’agit donc de réinventer des conditions de jeu qui tiennent compte du contexte originel de création autant que du public présent au concert. De cette réflexion sont nées des formes interactives au sein desquelles les interprètes créent des liens avec le public par le truchement du jeu, du récit, de la poésie ou des plaisirs de la table, en s’appuyant sur des dispositifs qui atténuent la séparation physique entre interprètes et auditeurs.

